Je me dois de revenir sur l’homosexualité, dont j’avais déjà parlé dans ce billet. Tout part de l’UDC et de son message enflammé au sujet de la journée de lutte contre l’homophobie. Réactions diverses entre autres sur le blog de Vincent Pellegrini et sur celui de la Grenette. Et voici donc ma réponse à M. Grégory Logean.
Commençons, si vous le voulez bien, par une leçon de vocabulaire. Vous vous cachez derrière la définition du mot déviant pour dire que vous n’êtes pas homophobe. Le Petit Robert donne comme définition Personne dont le comportement s’écarte de la norme sociale admise. Vous me direz, jusque là, rien d’anormal. Au contraire! On sent bien dans ces mots l’arbitraire de la norme. Vous, vous justifiez cet arbitraire par la loi naturelle. Admettons qu’elle existe (sinon mon billet serait trop bref). Personne n’a prétendu que deux individus du même sexe pouvaient avoir des enfants. De même, vous avez totalement raison en disant qu’une espèce qui ne pourrait plus se reproduire se verrait vouée à l’extinction.
Mais cependant, votre raisonnement a des failles béantes. Tout d’abord, vous semblez assimiler le sexe à la reproduction et par voie de conséquence, la femme à une machine à pondre des bébés. J’espère cependant pour vous que je me trompe, sinon votre compagne doit bien s’ennuyer au lit. Pourtant, le sexe, c’est aussi le plaisir et les personnes n’y voyant qu’un « devoir conjugal » sont bien à plaindre. Si par un pur hasard vous me lisiez, M. Logean, pourriez-vous me dire ce que vous pensez d’un couple qui fait l’amour avec pour but le plaisir de se faire mutuellement plaisir? Car si l’on suit votre raisonnement, on ne peut qu’aboutir à la conclusion que ce couple menace l’espèce humaine, ce qui supputerait que ce n’est pas une question d’homosexualité.
Deuxièmement, vous montrez votre excellente compréhension du français en disant que cette fameuse journée de lutte contre l’homophobie est un appel à la débauche. Je ne vois vraiment pas par quel artifice rhétorique vous arrivez à faire ce subtil lien. J’ai l’impression que vous vous contentez, comme dans bien de vos prises de positions, de recracher une partition déjà écrite sans même réfléchir au sens des mots. Notez que j’ai pu lire, écouter ou discuter avec des UDC qui me paraissaient mille fois plus réfléchis et posés que vous, bien que je n’aie pas été du tout d’accord avec eux (Van’Hess, si tu me lis…)
Vous faites encore une erreur dans les comparaisons de votre troisième paragraphe. L’Eglise catholique n’est pas mieux que l’Islam en ce qui concerne la liberté de penser (puisque vous voulez imposer vos valeurs, tout comme veulent le faire certains musulmans), de même un couple hétéro ne vaut pas mieux qu’un couple homo pour l’éducation des enfants. Ce qui fait la différence (autant dans l’Eglise/Islam que le couple) ce sont les qualités intrinsèques des personnes. Après tout, la fourmilière n’est composée que de fourmis. Vous m’objecteriez sans aucun doute que le modèle hétéro-marié du couple donne une meilleure image aux enfants et vous vous tromperiez encore. Si un enfant éduqué par un couple d’ĥomosexuels a des risques d’être malheureux ou perturbé, c’est bien davantage par les quolibets qu’il reçevra à l’école ( »fils de pédé », « ton père il suce des bites » et j’en passe) que par l’exemple à la maison de deux personnes qui s’aiment (fussent-ils homosexuels)
Finalement, je vais prendre congé de vous en vous laissant ainsi qu’à mes rares lecteurs quelques réflexions inspirées entre autres par votre dernière phrase « Non, car c’est en suivant le message d’amour des Evangiles et en restant fidèles à nos aïeux, loyaux serviteurs de la Patrie, qu’on bâtira aujourd’hui un pays où il fera bon vivre.« :
- Est-ce que nos aïeux (la Bible également), si sages étaient-ils, avaient prévu le monde dans lequel nous vivons à l’heure d’aujourd’hui?
- La fidélité aux principes fondateurs doit-elle être aveuglée ou éclairée?
- Dans l’hypothèse où Dieu existe, est-il possible que les humains ayant reçu puis transmis son message se soient trompés?
- Le chemin le plus court pour arriver à Dieu est-il à travers l’Eglise ou de lui à nous?