Ce billet est en réponse à ce message de Vincent Pellegrini sur le Blog Religions du Nouvelliste, plus particulièrement au sujet de son commentaire sur le maintien de l’interdiction des mariages homosexuels en Californie.
La culture doit-elle être morale?
S’il vous plaît, ne mettez pas sur le dos de la télé la capacité prodigieuse qu’ont les êtres humains à être de parfaits salopards. Ce n’est pas parce qu’il y a du cannabis dans Weeds que les jeunes fument, ce n’est pas parce qu’il y a des armes dans Les experts qu’il y a des meurtres, ce n’est pas parce que les personnages de Top models se marient souvent avec les ex-conjoints de leur progéniture qu’il y a des divorces et ce n’est pas parce que Numéro 13 dans Dr. House est bisexuelle qu’il y a des homosexuels. À part peut-être pour Top Models, la plupart des séries actuelles expliquent leur succès par leurs aspects humoristiques , leur suspense ou leur style.
Je ne regarde pas 24h chrono pour prendre plaisir à voir Jack Bauer torturer et tuer des gens mais parce que son scénario est plein de suspense. D’ailleurs, pour une série violente, je trouve que l’ami Jack est bien éthique: l’attachement à sa famille, la fidélité à son pays et ses habitants, le placement de la vie humaine au-dessus des lois (il est prêt à aller en prison pour sauver des innocents), il affronte la mort pour ne pas mettre en danger d’autres personnes (il ne cède pas aux séances de torture qu’on lui inflige),etc…
Enfin, une œuvre culturelle (radio, musique, livres y compris) n’a pas à être forcément morale. Je ne vais pas vous faire l’affront d’offenser votre culture mais songez au nombre d’œuvres présentes et passées qui sont moralement insoutenables mais pourtant géniales. La réciproque de ce théorème est qu’une œuvre « bonne » moralement peut être totalement dénuée d’intérêt.


