inachevé

Zéro

Zéro. Comme pour rappeler le retour au quasi-néant, c’est le chiffre qu’on donna à cette année où une organisation terroriste fit exploser plusieurs centrales nucléaires occidentales, marquant à jamais la chair de l’Europe. Ces catastrophes ayant profondément boulversé le climat, on ne compta le temps qui passe qu’en jours. Et le paysage, c’est bien simple, n’existait plus. La terre était asséchée, quelques rares îlots de végétation subsistaient ça et là, mais n’avaient plus rien à voir avec les majestueuses forêts d’autrefois.
Ca me fait bizarre d’utiliser ce mot, car bien que j’aie vécu l’avant et maintenant l’après, je n’arrive plus à me souvenir ou à imaginer cet autrefois tant le changement à été brutal; je doute d’ailleurs qu’il y ait des personnes qui y arrivent. Nous sommes d’ailleurs bien trop occupés à survivre pour faire un quelconque effort en ce sens.

La survie, parlons-en d’ailleurs. Comme vous vous en doutez, le cataclysme a mis à mal non seulement les infrastructures mais aussi l’humanité. Beaucoup sont morts dans les jours qui ont suivi, à cause de cancers virulents, certains se sont suicidés, d’autres ont eu assez de volonté pour se tirer de cette première épreuve. Nous n’avions pas conscience à l’époque de tout le chemin qui nous attendait. Des choses qui allaient de soi par le passé sont devenues de véritables exploits. Les sources de nourriture étaient devenues dangereuses à cause des radiations mais on dut s’en contenter du moins durant les premiers temps, vu qu’on n’avait rien d’autre.
La camisole sociale ayant été désintégrée en même temps, l’humanité était retournée à un état primitif où la seule manière de protéger sa vie, son territoire et ses possessions était la force brute. Après quelque temps d’anarchie totale, on vit apparaître des groupes plus ou moins importants qui tentaient de s’approprier le contrôle des ressources vitales. En l’état actuel, plus de 80% des ressources sont sous leur contrôle, le reste étant soit inexploitable, soit dans des régions trop reculées pour être dignes d’intérêt.

S-35-017843 et S-47-203257

N° S-35-017843
Je suis dans ce train, en direction de la zone S-47. Suite à la 3ème Guerre Mondiale et à l’éclatement des pays les uns après les autres, il y a de cela une bonne cinquantaine d’années, une nouvelle division du monde fut mise en place. On ne sait pas ce qu’il en est pour des endroits très éloignés comme les Terre de l’Ouest, tout moyen de communication ayant été coupé. D’ailleurs, on est bien plus occupés à tenter de survivre. Le temps passant, des portions de réseaux furent rétablies mais sans coordination, cela dépendait de la bonne volonté de quelques personnes.

Quant aux moyens de transport, les véhicules à essence sont devenus bien plus rares, faute de compagnie pétrolière, les gens devant s’organiser eux-mêmes pour trouver du combustible. Les trains fonctionnent à l’électricité, ce qui ne permet leur circulation qu’entre les grands axes, là où la présence humaine est assez forte pour permettre la construction de centrales et la remise en état des voies.

La zone S-47 est quasi-inhabitée, à part une ville. Je m’y rends pour y consulter les archives d’un des rares ordinateurs d’avant-guerre fonctionnant encore. J’espère y trouver des informations qui permettront la remise en route d’une bonne partie du réseau informatique de la zone S. Cela favoriserait grandement le développement de la zone et ils pourraient constituer un pôle attractif pour de nouvelles colonies.

Enfin, j’arrive à destination. La gare est en bien piteux état, elle est peuplée de prostituées, de dealers et de toxicos. Certains sont complètement ravagés, gangrenés ; mais il y a ceux qu’on pourrait encore sauver, comme cette fille aux yeux presque éteints.

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