Google

Pour une société open-source

Voici quelques idées que j’ai notées ici en vrac, j’y reviendrai ultérieurement. Je vois ça comme une sorte de work-in-progress que je livre en pâture à votre appréciation. J’ai bien conscience qu’il manque de structure, ne vous étonnez donc pas si vous ne comprenez rien, c’est davantage pour moi que je les ai écrites.

Il est important pour une boite telle qu’Apple de collaborer avec la presse en ligne et numérique afin de faire connaître ses produits, faire monter le buzz autour des lancements et surtout fidéliser ses clients en créant un attachement à la marque, ce qui, ceci dit, reste assez impressionnant comme en témoigne cette vidéo de Lokan. On aurait tendance à dire qu’il y a des analogies avec un culte: un Dieu (la marque), une religion (Think different), un prophète (Steve Jobs), et faire payer ses adeptes. Ce dernier point est d’une importance capitale, car il ne faut pas oublier que dans le monde de l’informatique, il y a Microsoft et Google (entre autres) qui font payer d’une manière ou d’une autre, via la pub pour la firme de Mountain View, ce qui n’est pas du tout le cas du monde des logiciels libres (Linux et compagnie).

Il y a bien des appels aux dons mais ils ne sont jamais obligatoires, c’est la différence entre le racket organisé et l’aumône. Je simplifie, mais bien souvent les logiciels libres sont plus économiques que les solutions propriétaires, indépendamment d’autres considérations, voire gratuits et sans publicité. Certains argumenteront qu’Apple fournit aussi du matériel et qu’ils ne peuvent pas le distribuer gratuitement car il faut bien acheter les matériaux. Cependant, les idées en soi (les secrets de fabrication) représentent une grande part de la facture finale.

C’est pour ça que tout se discute à l’interne, tant dans la programmation de leurs logiciels que dans leur politique de communication. Pourtant, l’ouverture permettrait tant de bienfaits: tout d’abord cela permettrait d’insérer dans le logiciel des propositions, des idées, des concepts émanent de l’extérieur car l’on sait bien qu’un système qui fonctionne en vase clos finit par dépérir. De même, à quoi peut bien servir d’être verrouillé à ce point? Il y a bien une réponse, mais elle ne me plaît pas du tout: pour protéger ses secrets industriels. En d’autres mots, les secrets et autres dispositifs de blocage, qu’ils soient bancaires, défense, de fabrication, etc… ne servent qu’à servir des intérêts privés au détriment de ce que pourrait apporter au public une ouverture plus grande.

Ne vous y trompez pas, je ne suis pas en train de dire qu’il faut rendre consultables par tous les données bancaires de tout le monde, ni donner les codes d’armes nucléaires pour les pays qui en disposent, mais quand on voit les millions que ramassent les PDG de certaines multinationales, c’est tout bonnement dégueulasse et c’est la perspective de perdre leurs précieux sousous qui les fait camper sur leurs positions, sans aucun bénéfice réel pour l’humanité. En limitant les salaires (à 1:12 comme l’initiative socialiste ou à un autre quota, peu importe), ces dirigeants pourront tout de même vivre chichement, avoir de belles voitures, une résidence secondaire de rêve dans un endroit paradisiaque, aller au ski dans des stations huppées puis l’été venu, jouer aux golf avec leurs petits copains élites la journée et se taper de la coke et des putes dans un bar le soir, ce qui vous en conviendrez, n’est de loin pas le quotidien des pauvres hères traînant leurs vies ici-bas.

Appliquer la pratique du full disclosure et du travail en communauté à la société permet d’enrichir tout le patrimoine humain et pas seulement les poches de quelques-uns. Mais cela, ce n’est aucune loi qui va y contraindre la société, il faut un changement de mentalités profond et ceci le plus rapidement possible. Remettons la liberté au goût du jour dans un monde qui n’a que trop souvent connu les chaînes.

Philippe Barraud: Criminalité VS vie privée?

Ainsi donc M. Philippe Barraud publie sur commentaires.com et dans le Nouvelliste un billet traitant de la protection de la sphère privée. Tout d’abord une brillante intro en référence à Google Street View. Puisque ce monsieur semble trouver cela ridicule, j’ai donc consulté le service dans son lieu d’habitation dans l’espoir de relever quelque détail croustillant. Malheureusement, je n’ai pu qu’apercevoir le dôme de son observatoire personnel. Par contre, j’ai pu voir dans le coin des plaques d’immatriculations non-voilées. Si pour lui une plaque d’immatriculation c’est rien, peut-être devrait-il s’intéresser aux nombreux sites recensant les clichés insolites. Parmi ceux-là, par exemple Streetviewfun. M. Barraud défendra-il l’implantation de traqueurs GPS sur tous les citoyens, sans oublier des caméras CCTV déployées à large échelle? Puisque pour lui la vie privée n’est pas digne d’être protégée…

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Enfin, malgré cette introduction hasardeuse qui prend la moitié du texte, venons-en au cœur du propos de M. Barraud. Il prend appui sur un article de Domaine public pour dire que de ne plus divulguer la nationalité des criminels serait de la censure et une restriction de la liberté d’information. Il cite l’exemple des pays anglo-saxons dont les journaux publient le nom et l’adresse des personnes arrêtées par la police. Que cela pourrait-il bien apporter à notre pays? Une baisse du taux de criminalité? Sûrement pas… Par contre, on assistera à la fin de la présomption d’innocence, à des cas de « justice » populaire (imaginez ce qu’il pourrait arriver à quelqu’un soupçonné de pédophilie par erreur) et à des amalgames dangereux. De plus, je doute fortement de la pertinence pour comprendre un fait que de connaître la nationalité de l’auteur: le coup de poing fait autant mal, le pays n’explique pas le pourquoi de l’agression et on en vient à négliger tous les autres facteurs qui rendent une personne criminelle. Je ne dis pas qu’il ne faut pas le dire, je dis juste qu’il faut se demander à quoi cela pourrait bien servir.

1984 ou 2009?