Musique

iLiS: Sauvez vos rêves

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J’en parlais il y a quelque temps, iLiS a sorti son album le 29 septembre. Vous vous en doutez, j’apprécie particulièrement ce groupe. J’ai donc passé la précommande et j’ai reçu ce jour le CD. Ce qui me pousse à faire ce petit article, outre mon admiration pour leur travail,  c’est que j’ai été étonné par le prix: 10€ + 8€ de frais d’envoi, ce qui est à mon sens assez bas pour une nouveauté de cette qualité. D’autant plus que le groupe a pris un soin particulier au niveau du packaging pour les précommandes, jugez plutôt:

photos prises avec mon HTC Hero

Je crois qu’ils ont simplement tout compris, en se tenant proche des fans, en soignant leur album et en faisant en sorte qu’il ne soit pas cher, en offrant des titres gratuits, en utilisant de manière intelligente Facebook et Twitter, iLiS a su fidéliser son public, au contraire de grandes pontes du métier qui en ont fait un business. Ils ont eu le courage de faire la route sans majors (certains diraient sans entraves): On est nos propres tourneurs, on a créé notre propre boite de prod, on manage, on gère, on organise, et on vit notre rêve dès que nous sommes sur scène… C’est une voie difficile qu’ils ont choisie, parsemée de mille embûches, mais c’est aussi la voie du bonheur sans se vendre. Pour eux bien entendu mais aussi pour les fans qui en ont tous deux marre d’être pris pour des vaches laitières par les maisons de disques.

Si les « artistes » dont on nous matraque les tympans à longueur de temps sont à la musique ce qu’est le fast-food à la musique, iLiS est certainement un bon plat, pas ceux qu’on mange dans les grands restaurants qui donnerait une impression élitiste mais ce plat fait au cœur d’une chaumière, un repas entre amis, chaleureux et sans sophistications frigides. Un interview (que vous pouvez lire in extenso ici) est d’ailleurs assez révélateur: Je pense que les gens en ont marre de voir des musiciens marketés, imposés par les medias et les majors. C’est clair pour moi qu’ils iront loin, projetant même: si ça marche, et que la boite de prod est viable, produire d’autres artistes serait aussi une bonne continuité. Mais trêve de bavardages, voici quelques courtes impressions personnelles à chaud des titres de l’album:

SeX, LoVE & RoCK n’RoLL

  • Je marcherai Ici, les mots de Virginie racontent son parcours de manière imagée et sa détermination à marcher droit vers ses rêves malgré tout ce qui pourrait lui arriver. Elle est prête à se battre, comme en témoigne la photo où elle saisit sa guitare comme une masse d’armes.
  • C’est ça la musique, ça nous prend aux tripes :)
  • Tu t’abandonnes Une douce invitation au lâcher-prise, au laisser-aller, pour mieux ressentir les émotions et accepter de perdre le contrôle, ce qui est illustré sur le livret par Virginie en position allongée, les bras écartés, n’opposant aucune résistance, comme un corps se laissant couler au fil de l’eau.
  • Attendez-moi je me noie À écouter ces mots, j’ai l’impression d’une petite fille perdue et abandonnée qui a juste envie qu’on la prenne par la main. Les photos qui illustrent le livret pour cette chanson sont pleines de cette tristesse pudique qui vous prend aux tripes. Un visage au regard abattu se décompose en feuilles mortes comme son envie de vivre.
  • On se bat tous les jours Une chanson qui m’évoque le parcours du groupe, les embûches du chemin, les critiques, les refus et j’en passe. Les sentiers de la gloire nécessitent un effort de tous les instants et iLiS nous montre sa hargne à avancer même dans la tempête.
  • Sex, Love & Rock N’Roll
  • Le bonheur Être heureux (ou vouloir l’être) c’est prendre le risque d’être déçu, de souffrir. Après tout, on ne sépare pas le crime de son châtiment, comme dirait Damien. Puis, être heureux, c’est aussi avoir accompli ses buts, donc ne plus avoir de raison qui nous pousse de l’avant.
  • Debout Ici, toujours cette optique de lutter contre l’adversité, de rester debout malgré tout, ne pas plier sous le poids. Mais iLiS en a toujours voulu davantage sans se vendre aux majors: On aurait pu prier quelques dieux
  • Plus on s’aime La haine est la jumelle siamoise de l’amour, on n’a jamais l’un sans l’autre. Les promesses des premiers jours heureux voient bien trop vite leur vernis enchanteur se craqueler pour laisser place à la déception.
  • Pour que tu l’aimes À trop chercher l’amour, on ne trouve que l’abîme, le vide dans le cœur et l’âme.
  • Ça ne suffit pas
  • Si peu de temps Cette chanson me donne l’impression d’une gueule de bois après avoir trop aimé, lorsqu’on réalise que c’est fini. Face à l’inexorable et aux regrets de n’avoir pas su dire ce qu’il fallait, on rembobine sans cesse en tentant de se persuader que le film aura une fin différente. Mais rien ne change et on est d’autant plus perdus.
  • Pardonne Un ré-enregistrement d’un ancien titre de l’EP Anonyme. Même si j’avais une petite préférence pour l’ancienne version, force est d’avouer que l’interprétation version 2009 est planante. Le réel pardon est très difficile à donner, il suppose l’affrontement en vis-à-vis avec sa propre douleur, on ne le donne pas pour celui qui nous a blessé mais pour soi-même, pour enfin pouvoir guérir.
  • Sauver nos rêves Le titre de fin résonne comme un dernier message, une sorte de morale aux auditeurs, un appel à garder nos rêves en vieillissant et rester nous-mêmes.

Voilà, j’espère ne pas avoir dit trop de bêtises. Ça ne leur rend sûrement pas honneur mais ma foi, je ne suis pas critique littéraire. J’ai simplement écouté mon cœur et j’ai couché les sentiments que m’ont laissé ces 14 titres. Merci les iLiS :)

Et pour finir en beauté, voici le clip de Tu t’abandonnes:

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Dark Sanctuary

l_6e3f538d0e2b631f86062d22bf00a096Dark Sanctuary est un groupe néo-classique fondé en 1996 à Paris. Le tempo est la plupart du temps assez lent, ce qui convient parfaitement au chant lyrique féminin. L’ambiance est assez paradoxale, oscillant entre l’aérien presque irréel et une certaine pesanteur, comme pour exprimer la dualité du corps et de l’esprit. Les thématiques sont variées, allant d’interrogations sur l’au-delà, l’amour, l’abandon, la solitude, la mélancolie, la perdition. Quelques morceaux instrumentaux sont présents et sont l’occasion de mesurer le talent des musiciens. D’ailleurs, ce qui me frappe dans ce groupe, c’est que la voix et les instruments se mettent en synergie totale pour ne former qu’un seul son. L’exercice est assez périlleux à réaliser car pour la plupart des groupes, on a la forte impression que la voix a été posée sur la musique, qu’elle ne fait pas vraiment corps avec elle.

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iLiS: une nouvelle étoile du rock français

virginieBonjour à tous :)

Un petit billet bien court pour un groupe qui monte: iLiS. Provenant tout droit de la scène parisienne, ils ont déjà sorti plusieurs EP et leur premier album, intitulé Sex, love & rock’n'roll, est prévu pour le 29 septembre 2009. C’est une formation qui aime particulièrement mélanger les genres, naviguant gaiment entre la pop et le rock, nous délivrant une musique fraîche et bien pêchue aux accents métallisés. Le groupe est composé de Virginie Nourry (chant, guitare, composition et paroles), Jérémy (guitare), Romain Wuertz (bassiste) ainsi que Fx(batterie)

Les textes d’iLis nous emmènent dans l’univers de Virginie Nourry, sombre mais avec une étincelle d’espoir. Ça parle d’amour, de déceptions, de tristesse et de rage, bref elle nous ouvre son coeur pour nous faire partager ses sentiments. C’est sans doute un des éléments qui contribuera au succès futur du groupe, puisqu’on peut s’identifier ou du moins trouver des parallèles avec notre propre vécu.

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Livret de paroles de Saez v2

La version 2 du livret est prête. J’ai passé un certain temps à bosser dessus, il se peut qu’il soit truffé d’erreurs. Je compte sur vous pour me les signaler ;)

Sur ce, je vais me reposer les yeux et les doigts je vous laisse sur une reprise de Jeune et con:

La créativité en danger

Le titre n’est pas anodin. J’aurais pu dire que c’était la création qui était en danger, mais j’aurais alors oublié une donnée à mes yeux essentielle: la création n’est pas créative par essence. Ce n’est pas parce que l’on fabrique un nouvel objet (un CD, un meuble, une voiture, ou n’importe quoi d’autre) qui n’existait pas avant que l’on est forcément novateur. Des ingénieurs qui auraient planché sur un nouveau modèle de téléphone portable ne sont pas créatifs si le modèle en question n’est qu’une mise à jour d’un modèle préexistant, un artiste qui sonne comme un de ses prédécesseurs ne l’est pas non plus, etc…

D’ailleurs, dans le cas de la musique, ça fait longtemps qu’elle n’est plus considérée comme un art, on la consomme, on achète le dernier CD à la mode au supermarché, d’ailleurs souvent non loin du rayonnage des romans à l’eau de rose, on écoute la radio qui, étrangement, quelle que soit la station, nous propose souvent les mêmes tubes du moment. Et on ne parle même pas des autres médias, la presse et la télévision auraient pu être de riches espaces d’information, suscitant le débat et l’interrogation. Mais au lieu de cela, ils nous servent des opinions déjà toutes faites. D’ailleurs, c’est bien connu, la plupart des gens ne vont pas lire un journal parce qu’ils n’apprécient pas l’opinion qu’il donne. Ils se redirigent donc vers un titre qui va les rassurer, puisque reflétant leur propre opinion.

Pascal Nègre

De la culture prête à être digérée, du divertissement pour les masses, voilà le Panem et circenses moderne. D’aucuns diront que j’exagère, mais constatez par vous-mêmes, au lieu de parler de la musique comme d’un art, on parle d’industrie (culturelle), il y a des émissions apprenant à leurs candidats à devenir des stars, à l’issue desquelles il y a un contrat juteux. Le plus scandaleux dans le cas de la Star Academy, c’est d’avoir un patron de maison de disque présent dans les membres du jury. Ce triste personnage a pour métier de faire du business avec la musique. Il n’est donc pas sensé chercher une nouvelle star, mais chercher celui ou celle qui sera la plus bankable. Ce n’est pas particulier à Pascal Nègre ou à la Star Academy, mais de nos jours, on semble favoriser ceux qui font rentrer de l’argent immédiatement. Pour beaucoup d’entre eux, le soufflé est vite retombé. La plus belle erreur de casting fut d’ailleurs Olivia Ruiz, éjectée de la 1ère édition au profit de Jenifer. Comment ont-ils pu être autant aveugles pour ne pas voir son talent? Bon, on se consolera en se disant que si elle avait gagné, elle serait passé à travers la moulinette du formatage.

Tant qu’à parler d’argent, parlons aussi de cynisme. Dans ce genre de concours télévisés, la partie émotionnelle compte pour beaucoup, voire même davantage que les réelles qualités musicales. On a pu observer ce phénomène avec Grégory Lemarchal. Atteint de mucoviscidose, c’était le vainqueur idéal, celui qui saurait emporter les faveurs du public et des consommateurs. Alors on nous raconte de belles histoires mais on sort des disques après sa mort et on oublie surtout que la fameuse soirée-hommage diffusée sur TF1 organisée pour récolter des dons a donné à la Une sa plus grosse audience du mois de mai et les recettes publicitaires qui, elles, n’ont pas été à la recherche contre la mucoviscidose mais dans les poches de TF1.

Cette logique du tout-profit se poursuit inévitablement sur les radios et dans les journaux grand public, il faut atteindre les masses qui n’ont pas envie de se creuser la tête. Car il faut bien l’avouer, le niveau de l’industrie musicale est en partie imputable au manque d’exigeance du public, ce qui fait les affaires des majors car la soupe auditive est plus facile à fabriquer qu’un plat raffiné. Ca, c’est pour la musique FM, mais le système a aussi ses ramifications dans les niches plus spécialisées. Un exemple pourrait être le phénomène du Metal « à chanteuse ». Même s’il y a des groupes légitimes qui ont une vraie richesse, une différence significative, ils seront noyés dans la masse. Dès lors, comment arriver à voir clair?

La réponse est simple, mais très difficile à mettre en oeuvre: avoir de la curiosité et chercher par soi-même, ne surtout pas attendre que ça vienne à nous. Internet se révèle alors un précieux outil, malheureusement à double tranchant, le foisonnement des sources rendant difficile le choix. Et se rappeler d’une chose essentielle: la seule personne capable de vous donner une culture musicale, c’est vous-même