Il est tard, ça fait plusieurs heures que je suis assis sur ce banc du cimetière. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai choisi d’imaginer être à cet endroit, peut-être est-ce parce qu’il est particulièrement calme, peut-être parce que j’ai le vain espoir que ses habitants répondent à mes peurs. Puis dans le fond, je m’en fous , j’ai juste envie d’être là, de laisser mon esprit voguer. Et vous, pourquoi vous me lisez? Qu’est-ce que diable vous voulez apprendre? Peut-être que je m’écris juste à moi-même via une fiction irréelle? Après tout, libre à vous d’interpréter comme vous voulez, si vous êtes tombés sur ce texte, je doute que je puisse faire quoi que ce soit pour vous empêcher de le lire. Maintenant, si vous voulez bien me laisser poursuivre…
Je me demande souvent ce que je fous sur cette putain de planète, mon rôle, ma place dans le puzzle. C’est peut-être ce sentiment d’étrangeté qui rend si urgent de combler mes carences. On peut vivre avec un vide, mais avec autant? Je ne pense pas que je puisse survivre longtemps ainsi, c’est exponentiel, plus on attend, plus ça tape sur le système et plus ça rend fou. Et pourquoi ai-je autant de difficultés à les combler, beaucoup y arrivent très bien, et les autres s’en accommodent sans problème.
Mais pire que tout ça, c’est le sentiment cyclique d’échec permanent et à répétition. On est heureux d’arriver au sommet d’un creux et on se rend alors compte qu’on doit redescendre pour inexorablement remonter. Comment Sisyphe a-t-il fait pour faire rouler son rocher à perpétuité? Comment a-il fait pour ne pas se suicider? Je n’aurai pas son courage je crois. Mais il y a des promesses qu’on ne trahit pas, bien que je souhaite maintenant ne jamais l’avoir faite.
Je suis fatigué…


