J’ai arrêté de compter les cigarettes qui s’amoncellent dans le cendrier, la musique péniblement crachotée par le vieux poste de radio n’atteint même plus ma conscience. Ce monde semble s’effacer pour laisser place à un angoissant face-à-face avec moi-même. C’est ce qu’il y a de pire dans les crises d’insomnie, la confrontation avec les peurs, les doutes, les manques, les regrets et tous ces vieux fantômes que nous traînons. On croit pouvoir en tirant la couverture sur nos cadavres nous oublier le temps d’une nuit, s’évader au pays des rêves, mais au lieu de cela, nous n’avons que l’étreinte funeste d’Éphialte et les cauchemars en guise d’espoir. Rien ne peut changer, comme un bateau perdu dans la tempête, on ne peut que s’agripper et espérer que ça passe, un jour. Mais la nuit avance, et à force le bruit, tout d’abord imperceptible, de la montre qu’on a pris soin de cacher sous une pile de vêtements, envahit petit-à-petit la pièce, comme s’il rebondissait contre les murs pour nous encercler avec ses maudites aiguilles. Les soucis qu’on avait avant de s’endormir se muent en une nouvelle angoisse, celle de ne pouvoir fermer l’oeil une nuit de plus.
Et ce maudit cerveau, ne pourrait-il pas se taire, s’arrêter de fonctionner à mille à l’heure, au moins une fois? Mais non, il prend un plaisir sadique à nous tenir aux aguets, même pas en veille (ça serait trop gentil). Le genre d’état qui maintient vos yeux ouverts comme ils le seraient avec des allumettes, on se sent fatigué, on veut dormir profondément, mais rien à faire, ça cogite là-haut. Si au moins j’étais une machine, on pourrait me débrancher, interrompre le flux des idées. Je pourrais passer par les médicaments, les drogues ou d’autres choses plus radicales, au moins j’aurai la paix éternelle. Mais ça me bouffe tellement que je ne peux rien faire d’autre que subir comme un zombie. Enfin, contrairement à lui, j’ai encore conscience du temps qui passe. Et je suis là, à étaler mes insomnies sur un vieux bloc-notes, à destination d’on-ne-sait-qui. Est-ce une protection contre la folie ou le premier pas vers elle?
I know we’re passing by
See the shadows of our own
Apart from where we are
We still believe
And raise our hopes
We’re locked up alone
Going nowhere
Waiting for the dawn
And just like shooting stars
We sleep in flames
Until we burn up
Until we burn up
How many times we live
Poised between all heaven and earth
How many times we die
Trying for rebirth with a different mask
No matter where we go
Souls adrift never say goodbye
Des jours qui ne ressemblent qu’à l’ombre des nuits Des silences qui résonnent à l’âme comme un cri Quand les paupières n’ont même plus la force des orages Quand, porté par les flots, je ne vois plus rivage Des amours qui sont nées aux mauvaises saisons Quand l’printemps a tardé à ouvrir ses bourgeons Des lunes toujours pleines qui ne me sourient plus Comme jouer aux échecs quand la reine est perdue Que tout est noir Que tout est noir Comment te dire Que tout est noir Comment j’ai peur Comment j’ai froid Comment te dire Quand t’es pas là Que moi sans toi Ça ne veut rien dire Comment te dire, dis-moi Comment te dire Que moi sans toi C’est comme un rire Qui trouve pas Vers où mourir Mes sciences qui ressemblent qu’à l’ombre du doute Le bien qui fait du mal quand le mal vous envoûte Quand au coeur de l’iris c’est le temps des moussons Qui vient noyer le blé juste avant la moisson Dans les travers du temps, je sais, je t’ai perdue Et tu l’as dit cent fois, tu ne reviendras plus Alors je peux partir comme un loup solitaire Qui, blessé, s’en ira mourir auprès d’un hêtre Moi, j’aurais tant voulu que cet être soit toi Tant voulu avec toi être un autre que moi Au profond de ton ventre faire plus belle la terre Oublier qui je suis et fermer les paupières Que tout est noir Que tout est noir Comment te dire Que tout est noir Comment j’ai peur Comment j’ai froid Comment te dire Quand t’es pas là Que moi sans toi Ca ne veut rien dire Comment te dire Comment te dire Que moi sans toi C’est comme un rire Comme un triste navire Qui sait pas où partir Quand on est tellement seul que même la solitude Vous semble être une amie dont on se passerait Celle qui fut toujours là depuis le premier souffle Qui depuis ce jour-là ne veut plus vous quitter Quand vous ne savez plus qu’un jour vous saviez rire Quand le mal a choisi votre âme pour empire Quand tous les romantiques et les tristes du monde Ont choisi votre coeur pour se mettre à pleurer Que tout est noir Que tout est noir Comment te dire Que tout est noir Comment j’ai peur Comment j’ai froid Comment te dire Quand t’es pas là Que moi sans toi Non, ça ne veut rien dire Comment te dire, dis-moi Comment te dire Que moi sans toi C’est comme un rire Qui trouve pas Vers où mourir.
Posté par Cretch le Dimanche 3 janvier 2010 à 00:01
La 29 novembre 2009, la Suisse a accepté l’initiative anti-minarets. Indignation, honte, aterrement, résignation, acceptation de la défaite, tels furent les sentiments de l’opposition. Mettant la démocratie sous le joug de la peur, la droite dure avait fait passer ses idées. Mais comme aux échecs, il faut toujours prévoir plusieurs coups d’avance, et force est de constater que les partisans étaient très forts. Ils nous ont assuré que ce vote n’était pas contre les musulmans, ce qui s’avéra être le cas. En effet, lorsque la Cour Européenne déclara invalide la loi qui avait été votée, ceux qui l’avaient défendue s’empressèrent de mettre en branle l’effroyable atout qu’ils avaient gardé dans leur manche. Galvanisés par leurs récentes victoires, ils remportèrent le soutien populaire lorsqu’ils proposèrent de dissoudre les accords internationaux que la Suisse avait liés, prétendant qu’on aurait ainsi la paix. Blanc
Le brasier allumé par les Helvètes se propagea à l’Europe, puis à la planète entière, cette vieille civilisation schizophrène à la recherche de son identité pensait la retrouver en démolissant tout ce qui pouvait amener à la collaboration entre les peuples, bientôt remplacée par la confrontation comme moyen d’interaction privilégié. Retour en arrière avez-vous dit? Avec la dissolution des Nations-Unies et des autres entités supra-nationales qui arriva peu après, le monde n’avait plus aucune protection contre les multiples fléaux menaçant l’humanité. Cela commença par de petites échauffourées qui se transformèrent bientôt en conflits de large envergure qui dégénérèrent eux-mêmes en guerre mondiale. Rouge
Les tensions belliqueuses étaient surtout l’affaire des pays riches, mais les autres souffrirent aussi terriblement, les ressources habituellement utilisées pour les aider étant monopolisées pour la guerre. Ne parlons même pas des réfugiés, des gens du peuple, des innocentes victimes qui mourraient par milliers de manque de nourriture, de soins médicaux, d’eau, d’espoir. Noir
Ils croyaient nous protéger, pourtant ils ne firent qu’entraîner l’humanité dans la pire période de son histoire.Pâle
6 semaines à configurer des VPN, WiFi, antivirus et à manger dans un bon resto gratos tous les midis, je crois que je vais faire des envieux - 1 month ago